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Choisir et technique

Comment choisir sa lunette de tir

 
 

Au moment d'acheter une lunette, le tireur débutant est souvent désorienté par l'énorme choix de formats, de réticules, de marques et caractéristiques diverses qui se présente à lui. Comme les lunettes de tir sont des instruments souvent coûteux et qui demandent, en plus, un montage et un réglage soigneux, il est important de bien s'orienter depuis le départ pour éviter les déconvenues.
Voici donc quelques conseils pour bien choisir sa lunette de tir.

Les avantages des lunettes de tir

Pour effectuer une visée sans lunette, le tireur doit gérer en même temps 3 plans de vision bien séparés : la hausse, le guidon et la cible. C'est ce que l'on appelle la "visée ouverte". Elle n'est pas facile, et est fatigante pour l'œil qui ne peut faire sa mise au point sur les 3 plans à la fois.
La lunette de visée facilite grandement les choses puisque le tireur ne doit plus se préoccuper que d'une seule image regroupant ces 3 plans, ce qui est bien plus confortable.
En visée ouverte, il faut aligner 3 éléments (hausse, guidon et cible). Avec une lunette, on se limite à 2 éléments : réticule et cible, ce qui est plus simple et plus rapide.
De plus, la lunette possède un facteur de grossissement qui mène à une meilleure vision de la cible. Son système optique assure une certaine concentration de la lumière qui donne une image plus brillante que ce que l'on obtient à l'œil nu. Et enfin, le réticule permet une visée nettement plus précise que le couple hausse-guidon.
Il n'est donc pas étonnant que les lunettes de tir aient la cote, que ce soit pour le tir sportif ou pour la chasse, sans parler des usages policiers et militaires.


Une lunette facilite grandement le tir de précision

Premier critère de choix : lunette de chasse OU de tir sportif

 

L'usage est un premier critère qui va sélectionner le type de lunette souhaitable. Il est très important de bien s'orienter car les modèles polyvalents n'existent pas vraiment.
Devant opérer rapidement sur cible mobile, parfois en lumière rare, à distance souvent relativement réduite et n'ayant d'autre part pas besoin d'une précision extrême, le chasseur s'oriente vers des grossissements moins importants, et par conséquent des champs de vision plus larges. Une lunette de battue, par exemple, n'offre que des grossissements de 1 à 4 x et son champ très large est adapté à une cible à la fois proche et mobile. Pour la chasse à l'affût, un grossissement de 10x est déjà considérable. Une lunette d'affût grossira par exemple de 3 à 12 x.

Le tireur sportif n'a pas autant besoin de largeur de champ mais cherche une précision millimétrique. De ce fait, il choisit des grossissements d'autant plus élevés que sa distance de tir est grande et l'on rencontre ainsi des lunettes de précision qui zooment au-delà de 30 x.
Les lunettes de chasse et de tir sportif se différencient aussi par leur réticule. Le chasseur a besoin d'une vue bien dégagée afin de suivre les mouvements de sa cible et les réticules de chasse sont donc plus épurés que ceux destinés à la précision. Les plus populaires sont le réticule "n°4" et ses variantes qui sont une simple croix dont le bras supérieur est absent ou très atténué et dont le centre est dégagé.
En tir sportif, les réticules, toujours basés sur une structure en croix en relation avec les réglages horizontaux et verticaux de la lunette, reçoivent une série plus ou moins importante de graduations et deviennent de ce fait d'un emploi à la fois plus complexe et plus précis.
D'autres différences interviennent, comme le réglage de parallaxe et mise au point sur la cible qui sont parfois fixes sur les lunettes de chasse. C'est un handicap rédhibitoire pour un tir de haute précision.



Les réticules de chasse classiques


Réticule de précision

En pratique

 

Exemples de formats de chasse

  • battue : 1-4x24, réticule n°4

  • mixte : 2.5-10x50, réticule n°4

  • affût : 3-12x56, réticule n°4

Exemples de formats de tir sportif

  • courte-moyenne distance : 3-12x50, réticule half-mil dot

  • moyenne-longue distance : 6-24x56, réticule half-mil dot

Distance, grossissements et diamètre

 

Nous l'avons dit, le tireur de précision recherche des lunettes offrant un fort grossissement, au détriment inévitable d'un champ de vision qui n'est pas pour lui de première importance. Pour l'aider, les lunettes ultra-puissantes sont d'ailleurs parfois équipées d'un pointeur. Plus il va tirer à grande distance, plus il recherchera des grossissements élevés afin de conserver une bonne vision de sa cible.
Mais le grossissement affecte directement la luminosité de la lunette. Sans autre changement, grossir deux fois plus signifie capter 4 fois moins de lumière. Or la brillance et le contraste de l'image sont, avec sa définition, des éléments importants pour un tir réussi. Une lunette qui grossit davantage doit donc faire appel à un diamètre d'objectif plus large pour capter plus de lumière et conserver une image interprétable.
En pratique, les instruments les plus puissants montent à 56 mm
de diamètre et parfois un peu au-delà. Ces lunettes encombrantes et pesantes sont inévitablement plus chères que des modèles plus compacts. Leur grand diamètre contraint également à employer un montage plus haut sur l'arme, ce qui peut affecter leur confort  d'utilisation. Chaque médaille a son revers...

Les lunettes à grossissement variable (zoom) sont largement les plus populaires. D'une part, les performances optiques des zooms modernes sont excellentes et d'autre part, le zoom est un grand élément de confort et d'efficacité. Le tireur pourra adapter le grossissement qu'il emploie à la distance qu'il pratique, mais aussi aux conditions de lumière ambiante. Dans la plupart des cas, les zooms des lunettes de tir de standard européen opèrent sur une plage de 4 x (grossissement maximal = 4 x le grossissement minimal), mais on peut monter à 6 x en haut de gamme sans que ce soit un avantage considérable. Aux USA, c'est parfois 3 x.

Les détails qui n'en sont pas

 

Toute un série d'autres facteurs qualitatifs interviennent au moment  de choisir sa lunette.

Le diamètre du châssis

Réticule gravé, invariant, lumineux...

Il est classiquement de 25 mm sur les modèles destinés au marché américain et de 30 mm sur ceux du marché européen. On pense parfois qu'un tube de 30 mm laisse passer plus de lumière, mais l'optique est plus complexe que cela et ce n'est pas correct. Par contre, il peut être plus robuste mais l'épaisseur et la qualité de l'aluminium utilisé jouent aussi un rôle. Bref, ce n'est pas un facteur qualitatif absolu.



Réticule variant en haut et invariant en bas (source : Zeiss)

Le réticule est gravé dans le verre dans les modèles de bon niveau qualitatif, mais il est simplement collé sur les lunettes bon marché. Dans ce second cas, la colle pourra se dégrader progressivement, affecter les performances optiques et même finir par se décoller.
Sans entrer dans des considérations trop techniques, il est important de comprendre la différence entre un réticule variant (situé au premier plan focal) et invariant (situé au second plan focal). L'épaisseur du premier variera avec le taux de grossissement du zoom. Plus on grossit, plus le réticule devient épais dans l'image, ce qui rend de plus en plus malaisée la vision de la cible. Au contraire, le réticule invariant, comme son nom l'indique, n'est pas influencé par le grossissement choisi qui n'affecte que la vision de la cible. La grosse majorité des bonnes lunettes modernes ont un réticule invariant.
L'illumination du réticule n'est pas vraiment indispensable mais est quand même un grand facteur de confort et d'efficacité. Sans illumination, il est impossible de régler le contraste entre le réticule et l'image de la cible. Le réticule peut être trop ou pas assez visible selon la luminosité ambiante. Si vous souhaitez un réticule lumineux, il faudra bien sûr veiller sur le modèle de lunette choisi, que le réglage de l'illumination aille de zéro à la puissance maximale de manière graduelle, en suffisamment d'étapes ou en continu. Dans certains cas, on peut choisir la couleur de la lumière : rouge ou vert par exemple.

Dégagement oculaire

Réglages d'élévation horizontal et vertical

La lunette ne peut pas se trouver trop près de l'œil au moment du tir, en raison du recul. En termes techniques, on dit que le dégagement oculaire doit être élevé. Le dégagement oculaire est la distance séparant l'œil de la lentille d'oculaire et qui offre une bonne vision de toute l'image produite.
Un minimum de 75-80 mm est classique sur les lunettes de tir.

Ces réglages se font par "clics" successifs sur deux tourelles et sont verrouillés pour éviter le dérèglement inopiné. Le nombre total de clics possibles est toujours très élevé (plusieurs dizaines) et ne doit pas poser problème si la lunette a été bien montée. Si un réglage en butée n'est pas suffisant, c'est que la lunette est mal alignée au départ ou qu'elle n'est pas compatible avec les munitions utilisées.
Ce qui est important est la progressivité des clics. Pour un tir de précision, 1 clic doit correspondre au maximum
à 1/4 de minute d'angle soit 0,73 cm à 100m en standard américain, ou à 1 cm à 100 m sur les instruments paramétrés en mesures européennes. Certaines lunettes ont des clics de 1/8 de minute.

Compensation de parallaxe

 

Le problème provient du fait que, selon la distance de mise au point, l'image de la cible ne se forme pas exactement dans la lunette sur le même plan que celle du réticule. Il suffit alors que l'œil du tireur ne soit pas parfaitement aligné avec l'axe de la lunette pour qu'une imprécision de tir apparaisse. Si, en délaçant légèrement l'œil, on constate que le réticule "bouge" par rapport à la cible, le problème de parallaxe est au rendez-vous. En général, les lunettes sont réglées pour une parallaxe nulle à 100 m (91 m pour le standard américain). Si la cible est plus proche ou plus lointaine, une correction est nécessaire. Cela se fait via une tourelle latérale sur la lunette qui couple la mise au point de netteté et la correction de parallaxe.
Comme signalé plus haut, sur les lunettes de chasse, le réglage de parallaxe / mise au point est souvent fixe à 100 m (91 m aux standards américains).

La qualité

 

Certaines lunettes coûtent quelques dizaines d'euros, d'autres plusieurs milliers. Les différences entre ces extrêmes sont évidemment importantes : qualité optique, précision et stabilité des réglages, équipement, fiabilité, résistance aux chocs de recul...
Acheter trop bon marché est le moins bon choix. On ne trouve pas ce que l'on attendait et on a gaspillé plutôt que d'économiser.
Le sommet de gamme (Leupold, Swarovski, Zeiss, Leica) est évidemment excellent à tous points de vue, mais peut inclure des qualités et des possibilités dont on ne profitera pas vraiment car elles sont au-delà des besoins ou... des possibilités de notre vue. Ainsi, les meilleurs achats sont souvent en milieu ou milieu supérieur de gamme.
Certains ne jurent que par "les fabrications européennes". C'est ridicule, naïf et parfois malhonnête.
Sauf en sommet de gamme, il y a belle lurette que les produits "made in Germany" ou "made in Japan", dénominations très peu contraignantes, ne sont plus vraiment fabriqués en Allemagne ou au Japon. Les géants de l'optique de loisirs sont aujourd'hui en Chine et sont capables de fabriquer de l'excellent matériel. La preuve en est que bien des grandes marques européennes, américaines et japonaises leur confient la réalisation de leurs instruments, sans la moindre crainte de perdre leur réputation.

Quel que soit le "made in" réel ou supposé, en allant vers un produit de prix réaliste dans une marque sérieuse, vous obtiendrez un bon instrument.

 
 
 
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